André Schwarz-Bart

23 mai 1928 — Naissance
Naissance d’André Schwarz-Bart (de son nom de naissance Abraham Szwarcbart) à Metz dans une famille juive d’origine polonaise installée en France depuis 1924. La langue familiale est le yiddish. Son père, Uszer Szwarcbart, est marchand forain ; sa mère, Louise Lubinski, est née en Suisse. L’enfant grandit dans un milieu modeste et dans un quartier populaire où le yiddish est largement parlé.

Années 1930 — Enfance à Metz
Il passe les premières années de sa vie dans le quartier du Pontiffroy à Metz avec ses nombreux frères et sœurs. Sa scolarité est interrompue par les bouleversements de la guerre.

1940-1941 — Fuite et dispersion de la famille
Après l’occupation de la France par l’Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale, la famille se réfugie successivement sur l’île d’Oléron puis à Angoulême pour échapper aux persécutions antisémites.

1941 — Déportation de sa famille
Ses parents et deux de ses frères sont arrêtés puis déportés à Auschwitz, où ils périssent. Ce traumatisme marquera profondément son œuvre future.

1943 — Engagement dans la Résistance
Adolescent, il rejoint la Résistance française. Il participe aux combats clandestins contre l’occupation allemande et parvient à s’échapper après avoir été capturé.

1944-1945 — Fin de la guerre et engagement militaire
Après le débarquement allié, il s’engage dans l’armée française. À la Libération, il est démobilisé.

Fin des années 1940 — Études et formation intellectuelle
Grâce à une bourse accordée aux anciens résistants, il peut entreprendre des études à la Sorbonne. Durant cette période, il exerce divers petits métiers tout en se consacrant intensément à la lecture et à l’écriture.

1953 — Premières publications
Il publie ses premiers textes dans la revue étudiante juive Kadimah, où apparaissent les premiers éléments du futur roman consacré à la mémoire du peuple juif.

1956 — Premiers extraits d’un futur roman
Des passages d’un projet intitulé La Biographie d’Ernie Lévy sont publiés dans une revue du FSJU. Ce texte constitue l’ébauche du roman qui deviendra plus tard Le Dernier des Justes.

1959 — Publication et reconnaissance immédiate
Publication du roman Le Dernier des Justes aux éditions du Seuil. L’ouvrage, consacré à l’histoire d’une lignée de Justes traversant les siècles de persécutions antisémites jusqu’à la Shoah, reçoit la même année le Prix Goncourt et devient un événement majeur de la littérature française.

1959 — Succès et controverses
Le roman connaît un immense succès public et critique, mais suscite aussi des débats sur la représentation de l’histoire juive et de la Shoah dans la fiction.

1961 — Mariage
Il épouse l’écrivaine guadeloupéenne Simone Schwarz-Bart, rencontrée quelques années auparavant à Paris.

Années 1960 — Débuts d’une collaboration littéraire
Le couple commence à travailler sur un vaste cycle romanesque consacré à l’histoire de l’esclavage et des sociétés caribéennes.

1967 — Roman écrit à quatre mains
Publication de Un plat de porc aux bananes vertes, premier volet d’un cycle romanesque consacré à la figure historique de la Mulâtresse Solitude.

1967 — Distinction internationale
Il reçoit le Prix de Jérusalem pour la liberté de l’individu dans la société, récompensant l’ensemble de son œuvre et l’importance morale de son écriture.

1972 — Roman historique antillais
Publication de La Mulâtresse Solitude, consacré à la figure d’une résistante guadeloupéenne de l’époque de l’esclavage.

Années 1970 — Installation dans les Caraïbes
André et Simone Schwarz-Bart s’installent progressivement en Guadeloupe, notamment dans leur maison de Goyave, qui devient leur lieu de travail et de création.

1988-1989 — Projet encyclopédique commun
Avec Simone Schwarz-Bart et plusieurs collaborateurs, il participe à la réalisation de l’encyclopédie en six volumes Hommage à la femme noire, consacrée à l’histoire et aux figures féminines du monde noir.

Années 1990-2000 — Retrait progressif de la vie publique
Après le succès et les controverses de ses premiers livres, il mène une vie plus discrète, poursuivant ses travaux littéraires tout en restant en retrait du monde médiatique.

30 septembre 2006 — Décès
André Schwarz-Bart meurt à Pointe-à-Pitre à l’âge de 78 ans.

2009 et après — Publications posthumes
Plusieurs textes issus de ses manuscrits sont publiés après sa mort, notamment L’Étoile du matin, ainsi que des romans poursuivant le cycle écrit avec Simone Schwarz-Bart.


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